Êtes-vous en règle à moto ?
Votre casque porte-t-il l'étiquette d'homologation (ECE 22.05 ou 22.06) ?
Portez-vous des gants certifiés CE à chaque trajet ?
Avez-vous un gilet haute visibilité à bord ?
Transportez-vous parfois un passager ?
⏱ Temps de lecture estimé : 12 minutes
Points clés à retenir
- Seuls 3 équipements sont obligatoires : casque homologué, gants CE, gilet haute visibilité
- Casque non homologué : 135 € d’amende et 3 points en moins
- Le gilet airbag n’est pas obligatoire en 2026, malgré la rumeur persistante
- Le contrôle technique est devenu obligatoire selon l’âge de la moto
- Le passager doit porter casque et gants au même titre que le conducteur
Le casque homologué, obligation numéro un à moto
L’équipement obligatoire moto commence toujours par le casque. Sans lui, impossible de prendre la route légalement, que vous soyez conducteur ou passager d’un deux-roues motorisé. La loi ne fait aucune exception, même pour un trajet de 200 mètres jusqu’à la boulangerie.
Le casque doit porter une étiquette d’homologation ECE 22.06, la norme actuelle qui remplace progressivement l’ancienne ECE 22.05. En pratique, les deux restent valables tant que le casque n’a pas dépassé sa durée de vie, généralement 5 ans après l’achat selon les fabricants. L’ancienne étiquette NF, elle, a quasiment disparu du marché neuf.
Trois familles de casques répondent à l’obligation : l’intégral, le plus protecteur car il couvre le menton en une seule coque ; le modulable, dont la mentonnière se relève ; et le jet, sans protection du bas du visage, homologué mais moins couvrant en cas de choc frontal. Les trois sont légaux du moment qu’ils portent l’étiquette réglementaire.
Un casque mal attaché compte comme un casque absent aux yeux des forces de l’ordre. La jugulaire doit être fermée, pas simplement posée sur le menton. Un casque de déco ou d’importation sans étiquette CE, même vendu comme « look vintage », n’est jamais conforme.
Sanctions en cas de non-respect
- Amende forfaitaire de 135 €, pouvant grimper jusqu’à 750 € en cas de majoration
- Retrait de 3 points sur le permis de conduire
- Immobilisation immédiate et mise en fourrière possible du véhicule
Franchement, le prix d’une amende dépasse vite celui d’un casque d’entrée de gamme homologué, disponible dès une soixantaine d’euros chez la plupart des enseignes.
Comment vérifier l’homologation avant l’achat
L’étiquette d’homologation se trouve cousue sur la jugulaire, à l’intérieur du casque. Elle indique le numéro de norme (ECE 22.05 ou 22.06), le pays d’homologation et un numéro de série unique. Un casque d’occasion sans cette étiquette, ou avec une étiquette manifestement recollée, doit alerter : mieux vaut vérifier auprès du vendeur ou passer son chemin.
En magasin, demandez toujours à essayer plusieurs tailles avant d’acheter. Un casque trop large bouge à l’impact et perd une partie de son efficacité, même homologué.

Les gants certifiés CE, obligatoires depuis 2016
Depuis 2016, porter des gants certifiés CE fait partie de l’équipement obligatoire moto, au même titre que le casque. La norme à vérifier sur l’étiquette est la CE EN 13594. Les mains touchent le sol en premier lors d’une chute : cette obligation n’a rien de symbolique.
La norme distingue deux niveaux : le niveau 1, pour une utilisation urbaine à vitesse modérée, et le niveau 2, plus résistant à l’abrasion, recommandé sur route et voie rapide. Les deux niveaux sont légaux, mais le niveau 2 protège mieux au-dessus de 90 km/h.
Un simple gant d’hiver ou une moufle non certifiée ne suffit pas, même si le froid pousse certains motards à improviser en hiver. Des gants d’hiver certifiés CE EN 13594 existent, doublés et étanches : ce sont eux qu’il faut chercher, pas des gants de ski. Seul le marquage CE fait foi lors d’un contrôle, l’apparence ne compte pas.
Sanctions en cas de non-port
- Amende de 68 €, minorée à 45 € si payée rapidement, majorée jusqu’à 450 €
- Retrait d’1 point sur le permis
- Immobilisation possible du véhicule
Cette règle s’applique au conducteur comme au passager. Elle vaut aussi bien sur une 125 cm³ que sur une grosse cylindrée, été comme hiver.
Le gilet de haute visibilité, à bord mais pas toujours sur le dos
Contrairement à une idée reçue, le gilet de haute visibilité certifié CE n’est pas obligatoire à porter en permanence. La loi impose seulement de l’avoir à bord de la moto, rangé dans le top case, sous la selle ou dans une sacoche.
Le port devient obligatoire dans un seul cas précis : lorsque vous devez vous arrêter en urgence en dehors d’une agglomération, de jour comme de nuit, et descendre de votre véhicule. C’est la même logique que le triangle de signalisation en voiture, pensée pour la visibilité en bord de route.
Le gilet doit rester accessible sans démonter les bagages. En pratique, beaucoup de motards le glissent dans une poche extérieure du blouson plutôt que dans le top case, justement pour éviter de perdre du temps en cas d’urgence.
Cette obligation vaut pour tous les deux-roues motorisés, du 50 cm³ à la grosse cylindrée. Un scooter urbain n’y échappe pas, même pour un usage exclusivement en ville.
Sanctions applicables
- Gilet absent du véhicule : amende de 11 €, pouvant aller jusqu’à 38 €
- Non-port lors d’un arrêt d’urgence hors agglomération : amende de 135 €
En pratique, un gilet pliable coûte moins de 5 € et évite tout risque, autant ne pas s’en priver.
Feux, plaque et échappement : les obligations côté véhicule
L’équipement obligatoire moto ne se limite pas au conducteur. La moto elle-même doit répondre à plusieurs exigences techniques pour circuler légalement, contrôlées aussi bien en barrage routier qu’au contrôle technique.
| Élément moto | Obligation |
|---|---|
| Éclairage | Feux de route, de croisement, de position avant/arrière, clignotants, feu stop en état de marche |
| Feu de plaque | Plaque d’immatriculation éclairée la nuit |
| Plaque d’immatriculation | Format homologué (210 x 130 mm), fixe, lisible, non modifiée ni vernie |
| Avertisseur sonore | Klaxon homologué et fonctionnel |
| Échappement | Pot homologué, sans dispositif de reprogrammation du bruit ni « chip » débridant |
| Rétroviseur | Au moins le rétroviseur gauche obligatoire, le droit étant recommandé |
| Pneus | Profondeur de sculpture minimale, pas de hernie ni de câbles apparents |
Sanctions en cas de non-conformité
- Plaque non conforme, illisible ou amovible : 135 €
- Éclairage défaillant ou pneus usés : 68 €, immobilisation possible
- Échappement non homologué ou trop bruyant : 135 €, immobilisation possible
Ces contrôles tombent souvent lors d’un simple barrage routier, pas uniquement lors d’une visite technique programmée.
Le contrôle technique moto est-il obligatoire en 2026 ?
Oui. Entré en vigueur le 15 avril 2024, le contrôle technique des deux-roues motorisés reste pleinement applicable en 2026, avec un calendrier étalé selon l’âge de la moto. Ce n’est pas un équipement obligatoire moto au sens strict, mais une obligation qui pèse tout autant sur le droit de circuler.
| Mise en circulation | Échéance du premier contrôle |
|---|---|
| Avant le 1er janvier 2020 | Contrôle déjà dû |
| 2020 et 2021 | Au plus tard le 31 décembre 2026 |
| À partir de 2022 | Dans les 6 mois avant le 5e anniversaire de mise en circulation |
Le contrôle vérifie l’état général du véhicule : freins, éclairage, échappement, pneus, châssis. Il coûte entre 60 et 120 € selon le centre, un ordre de grandeur proche de celui pratiqué pour une voiture.
Rouler sans contrôle technique valide expose à une amende de 135 € (minorée à 90 €, majorée jusqu’à 750 €), ainsi qu’à une possible immobilisation. La moto reçoit alors une fiche de circulation valable 7 jours pour passer le contrôle dans ce délai.
Seules les motos de collection mises en circulation avant le 1er janvier 1960, avec la mention « collection » sur la carte grise, échappent totalement au contrôle. Les motos de collection plus récentes n’y échappent pas : elles passent le contrôle tous les 5 ans au lieu de 3 pour les motos classiques.
Le gilet airbag est-il obligatoire en 2026 ?
Non. C’est sans doute la confusion la plus fréquente autour de l’équipement obligatoire moto, et elle revient chaque année sous une nouvelle date. En 2026, le gilet airbag n’est toujours pas obligatoire sur la route ouverte en France. La Fédération Française des Motards en Colère l’a confirmé : aucun texte réglementaire n’est en préparation, ni auprès du gouvernement ni au Parlement.
Deux raisons expliquent pourquoi cette obligation n’avance pas. D’abord le coût : 79% des motards refusent de dépenser plus de 500 € pour un airbag. Ensuite l’adoption réelle, qui reste faible malgré les années : seulement 4% des motards en étaient équipés en 2019. L’Espagne, qui envisageait une mesure similaire, a fini par abandonner son projet, faute de consensus sur son financement.
Seule exception : depuis 2024, la Fédération Française de Motocyclisme impose un gilet homologué EN 1621-4 pour les compétitions de vitesse sur circuit, avec des prix qui vont de 300 € à plus de 1000 € selon les modèles. Cette règle ne concerne que le sport, pas la route ouverte.
Bref, rouler sans gilet airbag reste parfaitement légal aujourd’hui. Le porter relève d’un choix de protection personnelle, pas d’une obligation, contrairement à ce que laissent penser certains articles alarmistes chaque début d’année.
Équipements fortement recommandés, sans être obligatoires
Au-delà de l’équipement obligatoire moto au sens légal, plusieurs équipements réduisent nettement la gravité des blessures en cas de chute. Aucun d’eux n’est sanctionné par une amende, mais leur absence pèse souvent sur l’indemnisation en cas d’accident, l’assureur pouvant réduire sa prise en charge.
Cette vidéo de la chaîne Moteur Cycle détaille les choix à faire pour un premier équipement, entretien compris, un bon complément aux normes listées ci-dessous.
Blouson et pantalon
Un blouson certifié norme EN 17092, renforcé aux épaules et aux coudes, absorbe une grande partie du choc lors d’une glissade. La norme distingue plusieurs classes (AAA, AA, A) selon le niveau de protection : AAA vise l’usage sportif, A convient pour la ville. Un pantalon technique protège les genoux et les hanches, deux zones fréquemment touchées lors d’une chute latérale.
Bottes et dorsale
Des bottes montantes certifiées EN 13634 protègent chevilles et tibias, particulièrement exposés en cas de chute. Une dorsale, intégrée au blouson ou portée séparément sous forme de gilet, limite les traumatismes vertébraux, souvent parmi les plus graves lors d’un accident à moto.
Sur le terrain, les motards expérimentés recommandent d’essayer l’équipement en magasin avant l’achat, plutôt que de se fier uniquement aux avis en ligne. Si vous testez une moto avant un achat définitif, la location avec option d’achat permet aussi d’évaluer le bon gabarit d’équipement en conditions réelles, sur la durée.
Quel budget prévoir pour un équipement complet
Un équipement complet et sérieux (blouson, pantalon, bottes, gants d’appoint et dorsale) coûte en général entre 400 et 900 € pour un premier achat en enseigne spécialisée, hors casque. Les périodes de soldes et les déstockages de fin de collection permettent souvent de diviser ce budget par deux, sans rogner sur les normes de protection.
Un point à surveiller : deux blousons au même prix n’offrent pas forcément le même niveau de protection. Vérifiez toujours l’étiquette EN 17092 et sa classe (AAA, AA ou A) avant de comparer les tarifs entre deux modèles.
Tableau récapitulatif des amendes et points
Voici la synthèse complète des sanctions liées à l’équipement obligatoire moto, du casque à l’échappement.
| Équipement / obligation | Amende | Points retirés |
|---|---|---|
| Casque non homologué / non attaché | 135 € (jusqu’à 750 €) | 3 points |
| Gants non certifiés CE | 68 € (minorée 45 €, jusqu’à 450 €) | 1 point |
| Gilet haute visibilité absent | 11 € (jusqu’à 38 €) | 0 point |
| Gilet non porté en arrêt d’urgence | 135 € | 0 point |
| Plaque non conforme | 135 € | 0 point |
| Éclairage défaillant / pneus usés | 68 € | 0 point |
| Échappement non homologué | 135 € | 0 point |
| Contrôle technique manquant ou périmé | 135 € (minorée 90 €, jusqu’à 750 €) | 0 point |
À l’inverse, le gilet airbag ne figure dans aucune ligne de ce tableau : en 2026, son absence ne coûte ni amende ni point. C’est ce qui distingue le vrai équipement obligatoire moto des rumeurs qui circulent chaque année sur les forums.
Questions fréquentes
Depuis quand le port du casque est-il obligatoire à moto ?
Le port du casque homologué est obligatoire en France depuis 1973 pour les motos, une des mesures de sécurité routière les plus anciennes encore en vigueur. La norme technique exigée a évolué depuis, avec l’arrivée de l’ECE 22.06 en complément de l’ECE 22.05.
Le passager d’une moto doit-il aussi porter casque et gants homologués ?
Oui, sans exception. Le casque homologué et les gants certifiés CE sont obligatoires pour le conducteur et le passager, deux règles centrales de l’équipement obligatoire moto. Les sanctions en cas de non-respect sont identiques pour les deux occupants du véhicule.
Des gants de ski ou d’hiver classiques suffisent-ils en hiver à moto ?
Non. Seuls des gants portant le marquage CE EN 13594 répondent à l’obligation légale, même en hiver. Des gants moto d’hiver certifiés existent, doublés et étanches ; un gant de ski ou une moufle non certifiée reste sanctionné comme une absence de gants, au même titre que n’importe quel autre manquement à l’équipement obligatoire moto.


